Science
Vous trouvez ici des études sur les plans des prochains pas, sur les lettres et les messages après une crise, sur l’appartenance et sur la douleur émotionnelle. Les résultats viennent d’abord, les sources suivent plus bas.
Qu’apporte un plan des prochains pas ?
Le plan des prochains pas de Helpful Neurons suit la structure de la Safety Planning Intervention de Stanley et Brown. Dans le titre de leur article, Stanley et Brown la décrivent comme une intervention brève pour réduire le risque suicidaire.[1] Une étude ultérieure l’a définie comme une intervention clinique brève avec une liste hiérarchisée de compétences et de stratégies pour faire face.[2]
Dans une étude menée dans des services d’urgences de la Veterans Health Administration aux États-Unis, un plan des prochains pas accompagné d’appels de suivi a été associé à moins de comportements suicidaires dans les six mois suivants et à davantage de chances de se rendre à au moins une consultation ambulatoire en santé mentale.[2]
Limites : l’étude n’était pas randomisée. La plupart des participants étaient des hommes, pris en charge dans des services d’urgences de la Veterans Health Administration. La part du plan seul ne peut pas être séparée de celle des appels.
Garder le contact aide-t-il ?
Dans un essai randomisé, des lettres régulières adressées à des personnes qui avaient refusé de poursuivre un traitement ont été associées à moins de décès par suicide pendant les deux premières années. Ensuite, la différence s’est réduite.[3]
Une revue des contacts brefs, comme les lettres, les cartes et les appels, a trouvé moins d’automutilations ou de tentatives de suicide répétées par personne, sur la base de seulement trois études. Pour le nombre de personnes ayant eu une nouvelle automutilation ou une nouvelle tentative de suicide, et pour les décès par suicide, la différence n’était pas statistiquement certaine.[4]
Une revue plus récente a trouvé que des messages bienveillants peuvent être associés à moins de tentatives de suicide pendant la première année. Pour les décès par suicide, les données étaient incertaines.[5]
Pourquoi l’appartenance compte-t-elle ?
Selon la théorie interpersonnelle, un désir suicidaire peut naître lorsque le sentiment de ne pas avoir sa place et le sentiment d’être un fardeau pour les autres se rencontrent, avec le sentiment que ces états ne changeront pas.[6] Une méta-analyse de 122 échantillons a trouvé que ces sentiments combinés étaient associés à des idées suicidaires, avec une force modeste.[7]
Limites : il s’agit d’une théorie avec une association modeste. Elle n’apporte aucune preuve que davantage de lien suffise à lui seul à résoudre une crise.
Le cerveau peut-il changer ?
Les connexions entre les cellules nerveuses peuvent diminuer sous un stress durable et peuvent se reconstruire avec un traitement.[8] Un modèle relie des schémas de pensée rigides à des modifications des connexions nerveuses qui peuvent, en principe, évoluer.[9]
Limites : ces résultats proviennent de la recherche sur la dépression et en partie d’études chez l’animal. Les auteurs du modèle soulignent que des preuves directes sont encore nécessaires. Le nom Helpful Neurons peut se lire comme une image prudente de confiance.
Que signifie psychache ?
Dans un commentaire, Edwin S. Shneidman a décrit le suicide comme psychache.[10] Une revue systématique a trouvé que la douleur psychique était liée au risque suicidaire, même en l’absence de trouble psychique diagnostiqué.[11]
Cette douleur est réelle et mérite d’être prise au sérieux. Elle décrit un état et ne dit rien de la valeur d’une personne.
La gratitude soutient-elle le bien-être ?
Dans une revue, la gratitude était fortement associée au bien-être. Les auteurs ont jugé prometteuses les interventions visant à accroître la gratitude, avec des limites dans la recherche actuelle. Selon son résumé, la revue ne fait aucune affirmation sur les idées suicidaires.[12]
Que décrit le sentiment de cohérence ?
Le sentiment de cohérence (en anglais, sense of coherence) remonte à Aaron Antonovsky.[13] Son questionnaire le mesure avec des questions sur trois parts : la compréhensibilité, la gérabilité et la signifiance.[19]
Une revue systématique de 458 publications scientifiques et 13 thèses de doctorat a trouvé que le sentiment de cohérence était fortement lié à la santé perçue, surtout à la santé mentale. Plus le sentiment de cohérence était fort, meilleure était la santé perçue en général, du moins chez les personnes dont le sentiment de cohérence était élevé au départ.[14] Une méta-analyse portant sur 41 013 enfants, adolescents et jeunes adultes a trouvé qu’un sentiment de cohérence plus faible était associé à davantage de troubles psychiques. Les symptômes internalisés, les symptômes dépressifs et la solitude y étaient plus fortement associés que les symptômes psychosomatiques. Dans l’ensemble, les différences entre types de symptômes étaient plus faibles que celles entre les études.[15]
Chez 155 personnes après une tentative de suicide, un faible sentiment de cohérence a été associé à une suicidalité plus forte deux mois plus tard, même en tenant compte de la dépression.[16] Dans une étude finlandaise portant sur 8 029 salariés, un fort sentiment de cohérence a été associé sur 19 ans à un risque plus faible de troubles psychiatriques, mesuré par les hospitalisations et les données de registre.[17]
Le sentiment de cohérence peut évoluer. Une méta-analyse de 27 essais randomisés a trouvé que des programmes peuvent le renforcer chez des personnes âgées et des adultes atteints de maladies chroniques jusqu’à trois mois après.[18]
Limites : les études et revues [14]–[17] montrent des associations et non des causes. En tenant compte de la dépression et de la charge symptomatique, le sentiment de cohérence n’était plus associé à une nouvelle tentative de suicide. Après six mois, l’effet des programmes n’était plus certain.
Quelles idées aident à penser ?
Les idées suivantes viennent de textes antérieurs de Johannes. Elles peuvent servir d’images et n’apportent aucune preuve.
Pensée rapide et pensée lente. La pensée rapide et automatique (souvent appelée Système 1) peut réagir fortement à l’émotion, et la pensée lente et réfléchie (Système 2) peut aider à questionner les premières impressions. Concrètement : respirer lentement trois fois, se demander « Que puis-je faire d’autre maintenant ? », demander son regard à une autre personne et choisir un petit pas.
Une société de parts intérieures. Selon l’idée de Marvin Minsky d’une « société de l’esprit », l’esprit peut être vu comme un ensemble de nombreux agents intérieurs. Il en découle trois pas : écouter les parts qui aident, faire dialoguer les parts entre elles et faire venir une personne de l’extérieur.
Quelles sources consulter ?
- Stanley, Brown (2012). Safety Planning Intervention: A Brief Intervention to Mitigate Suicide Risk. Cognitive and Behavioral Practice, 19, 256–264. DOI: 10.1016/j.cbpra.2011.01.001
- Stanley, Brown, Brenner et al. (2018). Comparison of the Safety Planning Intervention With Follow-up vs Usual Care of Suicidal Patients Treated in the Emergency Department. JAMA Psychiatry. DOI: 10.1001/jamapsychiatry.2018.1776
- Motto, Bostrom (2001). A Randomized Controlled Trial of Postcrisis Suicide Prevention. Psychiatric Services. DOI: 10.1176/appi.ps.52.6.828
- Milner, Carter, Pirkis, Robinson et al. (2015). Letters, green cards, telephone calls and postcards: Systematic and meta-analytic review of brief contact interventions for reducing self-harm, suicide attempts and suicide. British Journal of Psychiatry. DOI: 10.1192/bjp.bp.114.147819
- Skopp, Smolenski, Bush et al. (2023). Caring contacts for suicide prevention: A systematic review and meta-analysis. Psychological Services. DOI: 10.1037/ser0000645
- Van Orden, Witte, Cukrowicz, Braithwaite et al. (2010). The interpersonal theory of suicide. Psychological Review. DOI: 10.1037/a0018697
- Chu, Buchman-Schmitt, Stanley et al. (2017). The interpersonal theory of suicide: A systematic review and meta-analysis of a decade of cross-national research. Psychological Bulletin. DOI: 10.1037/bul0000123
- Duman, Aghajanian (2012). Synaptic Dysfunction in Depression: Potential Therapeutic Targets. Science. DOI: 10.1126/science.1222939
- Price, Duman (2020, en ligne 2019). Neuroplasticity in cognitive and psychological mechanisms of depression: an integrative model. Molecular Psychiatry. DOI: 10.1038/s41380-019-0615-x
- Shneidman (1993). Commentary: Suicide as Psychache. The Journal of Nervous and Mental Disease. DOI: 10.1097/00005053-199303000-00001
- Verrocchio, Carrozzino, Marchetti et al. (2016). Mental Pain and Suicide: A Systematic Review of the Literature. Frontiers in Psychiatry. DOI: 10.3389/fpsyt.2016.00108
- Wood, Froh, Geraghty (2010). Gratitude and well-being: A review and theoretical integration. Clinical Psychology Review. DOI: 10.1016/j.cpr.2010.03.005
- Antonovsky (1987). Unraveling the Mystery of Health. Jossey-Bass. Livre, ISBN 978-1-55542-028-4
- Eriksson, Lindström (2006). Antonovsky’s sense of coherence scale and the relation with health: a systematic review. Journal of Epidemiology and Community Health, 60, 376–381. DOI: 10.1136/jech.2005.041616
- Schäfer, Sopp, Fuchs, Kotzur, Maahs, Michael (2023). The relationship between sense of coherence and mental health problems from childhood to young adulthood: A meta-analysis. Journal of Affective Disorders, 325, 804–816. DOI: 10.1016/j.jad.2022.12.106
- Sjöström, Hetta, Waern (2012, en ligne 2011). Sense of coherence and suicidality in suicide attempters: a prospective study. Journal of Psychiatric and Mental Health Nursing, 19, 62–69. DOI: 10.1111/j.1365-2850.2011.01755.x
- Kouvonen, Väänänen, Vahtera, Heponiemi, Koskinen, Cox, Kivimäki (2010, en ligne 2009). Sense of coherence and psychiatric morbidity: a 19-year register-based prospective study. Journal of Epidemiology and Community Health, 64, 255–261. DOI: 10.1136/jech.2008.083352
- Liu, Zhang, Montayre, Koduah, Leung (2025). Non-Pharmacological Interventions Targeting Sense of Coherence Among Older Adults and Adults With Chronic Conditions: A Meta-Analysis With Trial Sequential Analysis. Journal of Advanced Nursing, 81, 2165–2198. DOI: 10.1111/jan.16558
- Eriksson, Mittelmark (2017, en ligne 2016). The Sense of Coherence and Its Measurement. The Handbook of Salutogenesis, 97–106. DOI: 10.1007/978-3-319-04600-6_12
Que disent les études sur les plans des prochains pas ?
Chaque personne a le droit, d’abord et avant tout, d’être écoutée et vue – sans aucune tentative de lui remonter le moral ni de lui proposer une solution.
Répondez avec bienveillance et sans pression, et travaillez avec moi de façon constructive. Résumez-moi de façon compréhensible ce que disent les études sur les plans des prochains pas (Safety Planning Intervention) pour les moments difficiles. Citez les auteurs, l’année et le DOI. Indiquez des sources et des études pour vos indications.
Safety Planning Intervention étude
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Que disent les études sur les contacts bienveillants ?
Chaque personne a le droit, d’abord et avant tout, d’être écoutée et vue – sans aucune tentative de lui remonter le moral ni de lui proposer une solution.
Répondez avec bienveillance et sans pression, et travaillez avec moi de façon constructive. Résumez-moi de façon compréhensible ce que disent les études sur les contacts bienveillants (Caring Contacts), c’est-à-dire de courts messages ou lettres après une crise. Citez les auteurs, l’année et le DOI. Indiquez des sources et des études pour vos indications.
Caring Contacts études
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Que disent les études sur le lien et l’appartenance ?
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